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J’ai suivi les enseignements du DESS de PI de Paris II et c’est dès 1989 que j’ai adopté une approche sectorielle du droit, c’est-à-dire par domaine d’activité économique et non par matière. J’ai choisi le monde de l’informatique et des télécommunications.
J’ai ainsi commencé avec les développeurs indépendants, grâce à un stage et avec l’aide de l’APP (NDR : Agence pour la Protection des Programmes), et maintenant le cabinet couvre toute la palette du secteur : des informaticiens indépendants aux gros équipementiers télécoms.
Nous avons aussi une grosse activité au niveau du contentieux, notamment pour contrefaçons, concurrence déloyale et malfaçons de systèmes.
D’ailleurs deux de mes associés sont au contentieux. Ensuite, un avocat et un juriste agissent au niveau du droit des sociétés. Nous avons également un avocat en droit de la propriété intellectuelle notamment pour les noms de domaines, les marques... Bien entendu, les dossiers croisés "embauchent" toute l’équipe.
Pourquoi cet intérêt précoce, et surtout comment, pour les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ?
Je me suis dirigé dès le début vers l’informatique et les télécommunications car j’avais toujours été intéressé par les nouvelles technologies (quand j’étais plus jeune, je faisais un peu de programmation etc.).
Je possédais un Apple II GS à l’époque et j’étais ce qu’il est convenu d’appeler maintenant un "bidouilleur", notamment pour les jeux vidéo.
Et je crois en fait que les développeurs ont trouvé en moi quelqu’un comprenant leur langage et qui pouvait le traduire.
Par ailleurs, j’ai une activité assez forte dans le monde associatif gravitant au carrefour d’Internet et du Droit.
Justement, votre rôle au sein de l’Internet Society vous apporte-t-il un plus ?
Aujourd’hui, je suis moins en avant, mais il est certain que cela apporte des contacts avec ceux qui font l’Internet ; et ce, sans sortir de mon activité.
Concernant votre activité, y avez-vous noté des changements sensibles ?
Oui. L’anglais est de plus en plus la langue de travail. Elle est utilisée maintenant dans un tiers à 50 % de nos dossiers.
En outre, les nouvelles technologies ont su beaucoup apporter au suivi et à l’efficacité de notre travail. Par exemple, au cabinet, nos fax et courriers entrants sont systématiquement scannés et archivés directement au dossier correspondant disponible en intranet, idem pour les mails.
En fait, le cabinet est pourvu d’un système de fonctionnement qui le rend entièrement autonome, même si le collaborateur est à l’autre bout du monde du moment qu’il possède une connexion internet.
Comment choisissez-vous vos partenaires et collaborateurs ? Avez-vous une politique pour les stagiaires et les juristes (sans CAPA) ?
Il est clair que nous n’envisageons le cadre d’une collaboration qu’avec quelqu’un ayant un intérêt personnel pour les NTIC afin que celui-ci puisse intégrer nos procédures de travail rapidement.
Nous avons un poste de stagiaire permanent. Afin de permettre au maximum de candidatures qui nous parviennent d’avoir une suite favorable et par respect pour le travail fourni quant à sa rémunération, nous n’acceptons pas les stages au-delà de deux mois.
Le stagiaire participe pleinement à la vie du cabinet (réunions, rendez-vous avec les clients...) et ce qu’il nous apporte est essentiellement un regard neuf.
De plus, nous comptons une expert-comptable de formation (qui est aussi commissaire au comptes titulaire mais omise) dans nos rangs mais qui travaille comme juriste en droit des sociétés.
Quel est votre sentiment sur le Ier Salon Juridique de l’Internet et du Numérique (*) ?
C’est un projet très intéressant et une initiative louable à laquelle je participe dans le cadre d’un atelier consacré à la cybercriminalité.
Aujourd’hui, plus personne ne semble vouloir aller vers les réseaux car la mode semble passée : donc c’est justement le moment d’y aller...
(*) Le Ier Salon Juridique de l’Internet et du Numérique est co-organisé par les éditions Legiteam et l’Observatoire API-PL et se tiendra les 2 & 3 décembre 2003 à Paris (renseignements sur www.salonjuridique.com).a