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Afin de mesurer l’ampleur et l’impact du phénomène de piratage de films et plus spécialement du téléchargement sur Internet, le Centre national de la cinématographie a lancé une étude qualitative et quantitative portant sur plusieurs points.
Techniques et facteurs de développement du piratage
L’étude relève que les techniques permettant de pirater des films sur Internet sont multiples. Il s’agit principalement du téléchargement sur Internet par le biais des logiciels de peer to peer mais aussi du "rippage" (copie d’un DVD original en faisant "sauter" le verrou anti-copie) qui, bien qu’encore réservé à des pirates technophiles, commence à se répandre grâce à des logiciels de plus en plus simples à utiliser.
Le piratage est aussi facilité par l’échange de fichiers entre des ordinateurs connectés en réseau dans un lieu privé ou dans les forums et les news group entre des personnes qui se connaissent.
Les facteurs de développement du piratage sont tout aussi diversifiés. Parmi ceux-ci, on peut noter la gratuité du téléchargement et du visionnage à domicile, le développement de l’informatique avec la généralisation des micro-ordinateurs et de l’accès haut débit
mais aussi les valeurs initiales du web : le libre partage, la mise en commun et la réciprocité des échanges.
Motivations et typologie des pirates
L’étude souligne que les freins au développement du piratage ne sont pas assez nombreux. Un fort sentiment d’impunité prédomine en raison d’un manque d’information sur les risques et les peines encourues et de l’absence de poursuites dans la majorité des cas.
Pour beaucoup d’internautes, le téléchargement n’est pas illégal dans la mesure où les copies ainsi effectuées ne sont pas destinées à la vente. Mais, la majorité des pirates savent pertinemment que le fait de copier ou d’échanger des films n’est pas autorisé. Leur plaisir de la fraude est plus fort et ce d’autant plus que la piraterie est devenue un phénomène de mode permettant à l’individu de se valoriser en faisant bénéficier son entourage de ses "trouvailles".
Quelques chiffres et conséquences liées au piratage
41 % des internautes ont déjà visionnés à domicile des films copiés et 31% des films téléchargés.
19 % des internautes ont déjà téléchargé des films gratuitement sur Internet et seulement 4 % des internautes ont payé pour le faire.
86 % des téléchargements gratuits sont effectués à domicile et 10 % depuis le lieu de travail.
75 % des personnes qui téléchargent sont des hommes et sont majoritairement âgés de 15 à 24 ans, étudiants (40%) ou appartenant à des catégories socio- professionnelles supérieures (34%).
L’étude relève que l’impact du téléchargement est plus important sur la vidéo que sur la télévision.
Depuis qu’elles téléchargent, 4 personnes sur 10 déclarent moins louer de vidéos et 21 % des téléchargeurs avoir réduit leurs sorties au cinéma.
De plus, si l’ensemble des pirates diminuait de 10 % leur fréquentation des salles de cinéma, cela conduirait à une baisse de 1,5 millions d’entrées pour l’année 2003.
Pour plus d’informations : www.cnc.fr