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Rubrique : Informations diverses / Portraits et interviews de juristes, avocats...


Entretien avec Nathalie Dreyfus, Conseil en Propriété Industrielle et fondatrice du cabinet Dreyfus & associés (Interview)

Publication : lundi 6 septembre 2004.
 

Titulaire d’un DEA de Paris et du CEIPI de Strasbourg, Nathalie Dreyfus est Conseil en Propriété Industrielle depuis 12 ans.
Elle est expert auprès de l’OMPI et expert français pour le ".fr". Nathalie Dreyfus est également tiers-aviseur pressenti pour la plate-forme de gestion en ligne des litiges du Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris : aegisolutions.
Auteur de nombreux articles publiés notamment dans Les Echoset Le Dalloz, elle a commis l’ouvrage "Marques, dessins et modèles. Stratégies de protection, de défense et de valorisation." en collaboration avec Béatrice Thomas chez Delmas et dirigé l’actualisation de "Marques et noms de domaines de l’internet" aux Editions Hermès Sciences.

Après des années de collaboration fructueuse dans divers cabinets, elle a décidé d’ouvrir son propre cabinet à Paris ([Email]).

Comment vous est venu le goût pour la matière ?
A la faculté de Strasbourg, nous étions déjà fortement sensibilisés à la matière. C’est sans doute dû à la proximité géographique du CEIPI et à son rayonnement. Il est vrai que j’étais plus portée sur le droit d’auteur à l’époque mais je me suis laissée convaincre également par la propriété industrielle (marques, dessins & modèles, brevets) qui sont des matières plus techniques.

Etes-vous membre d’une association ou d’un réseau ?
J’essaie d’être la plus présente possible.
En dehors de la CNCPI (NDLR : Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle), je suis membre de l’APRAM (NDLR : Association des praticiens du droit des marques et des modèles) et de Cyberlex. Je fais également partie notamment de l’ECTA (NDLR : European Community Trademarks Association) et de l’INTA (NDLR : International Trademark Association).

Comment s’est imposée l’idée de créer votre propre cabinet ?
Tout naturellement. Il me semble que c’était la suite logique de mon parcours. Vous savez, ce métier est avant tout un métier d’expérience dans les décisions d’une part et du point de vue de la capacité à gérer des portefeuilles de titres de propriété intellectuelle.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Je n’en ai pas rencontré beaucoup. L’annonce de mon installation a été accueillie très favorablement auprès de mes clients et de mes connaissances. J’avais déjà réfléchi au type de structure que je souhaitais mettre en place. Ainsi, tout c’est fait de façon très naturelle et dans un esprit d’entreprise et d’innovation.

J’ai néanmoins constaté une difficulté concrète. Quand bien même vous êtes connu en tant que personne, il vous faut tout recommencer pour vous faire connaître en tant que structure.
Il y a donc un travail de communication à opérer et pour lequel on ne dispose pas de tout le temps que l’on devrait lui consacrer.

Décrivez-nous l’organisation et le fonctionnement de votre cabinet. Quelles sont ses spécificités ?
Nous sommes en partenariat avec le cabinet Becker & associés, qui est spécialisé dans les biotechnologies, la chimie et la pharmacie. Nous avons de grande synergie puisque nos deux cabinets exercent dans les technologies innovantes. Ce partenariat nous permet d’offrir un service complet à nos clients, tant d’un point de vue technique, que juridique.

Nous avons une particularité pour un cabinet de Conseil en Propriété industrielle.
En effet, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur les compétences de Philippe Aymar, polytechnicien et consultant informatique international de haut niveau. Il nous assiste dans nos missions lorsque nous sommes confrontés à un problème technique pointu. Il nous aide à imaginer et à structurer l’informatique du cabinet, qui est une vraie structure moderne.

Je ne définirais pas pour autant le cabinet comme un conseil en nouvelles technologies, mais plutôt comme un conseil généraliste apte à développer des stratégies de protection et des actions systématiques également appropriées à l’internet.

Cela se vérifie avec la diversité de notre clientèle puisque nous avons des clients de tous les secteurs. Cela va de la pharmacie, aux hôtels en passant par la publicité, les divertissements, les vêtements, la téléphonie, les fournisseurs d’accès Internet ou les voyages.

Auriez-vous une réflexion générale à formuler sur la profession ?
Aujourd’hui, on ne peut plus appréhender correctement la matière de la propriété intellectuelle en ignorant ce qui se passe sur internet. Il convient notamment d’intégrer la question de l’Internet dans les stratégies de mise en place et de défense des droits de marque. Les titulaires de marques ne peuvent avoir une politique à deux vitesses : une protection forte dans le monde réel et une absence sur la toile. Le monde réel et le monde virtuel forment aujourd’hui un tout et c’est au conseil d’aider à construire une politique cohérente en la matière.
Et la spécificité de la profession de Conseil en Propriété Industrielle est qu’elle rayonne à l’international, avec un tissu de correspondant dans le monde entier, ce qui permet de s’adapter particulièrement au caractère mondial de l’internet.

Nous assistons également à une recrudescence du cybersquatting, notamment sous la forme du typosquatting. Il s’agit de plus en plus de cybersquatteurs aguerris qui connaissent les procédures UDRP sur le bout des doigts.
C’est pour cela notamment que la fonction de tiers-aviseur auprès de la plate-forme du CMAP sera à n’en pas douter une expérience très enrichissante. D’autant plus qu’elle tend vers la médiation et l’arbitrage.

Propos recueillis par Sébastien Guerrero



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